Hygiène · Octobre 2026

Fêtes de fin d'année : ce qui est contrôlé, comment s'y préparer

← Tous les articles

Bûches, chocolats, plateaux de fruits de mer, foie gras : en fin d'année, les commandes s'empilent, les chambres froides débordent et l'équipe s'agrandit. C'est aussi une période propice aux erreurs d'hygiène et d'étiquetage. Voici ce que regarde un contrôle, et comment vous y préparer avant le rush.

Les fêtes, une période traditionnellement surveillée

Pendant des années, le ministère de l'Agriculture a mené chaque hiver une opération de contrôles sanitaires renforcés pour les fêtes. La dernière dont nous avons trouvé le bilan s'est déroulée du 1er novembre 2019 au 15 janvier 2020. Elle visait notamment les restaurants, les traiteurs et les commerces de coquillages, de gibier ou de foie gras. Bilan : 8 110 inspections, 842 mises en demeure et 119 fermetures administratives, dont 85 en restauration commerciale.

Un contrôle peut avoir lieu à tout moment, et les fêtes réunissent tout ce qui fait déraper l'hygiène : des volumes inhabituels, des produits fragiles, une équipe renforcée. Aujourd'hui, l'hygiène des restaurants et des commerces de bouche relève des services de l'Agriculture (les inspecteurs des DDPP) ; la loyauté des étiquetages (dénomination, origine, mentions valorisantes) reste du ressort de la répression des fraudes (DGCCRF). Le résultat d'un contrôle d'hygiène est publié sur Alim'confiance pendant un an, selon quatre niveaux, de « très satisfaisant » à « à corriger de manière urgente ».

Ce que la répression des fraudes a relevé sur les produits de fêtes

Lors de ses contrôles de 2019 et 2020 sur les produits de fêtes, tous secteurs confondus (jouets et sites internet compris), la DGCCRF a relevé des anomalies dans environ un établissement sur trois. En boulangerie-pâtisserie, elle cite notamment :

Elle relève aussi du « bloc de foie gras » présenté comme du « foie gras », des défauts d'information sur les prix et des étiquetages absents ou non conformes sur des produits préemballés, par exemple des chocolats. Ce sont surtout des défauts d'étiquetage, qui se préviennent en relisant vos mentions avant le rush.

Chambres froides pleines : protéger la chaîne du froid

En décembre, tout arrive en même temps : livraisons plus fréquentes, commandes préparées à l'avance, plateaux en attente de retrait. Une chambre froide trop pleine refroidit mal : l'air ne circule plus et certains produits, au cœur des piles, restent plus chauds que ne l'indique le thermomètre. Or la température de conservation fait partie des points notés : dans la grille des inspecteurs, un écart de 2 °C à moins de 3 °C au-dessus de la température réglementaire conduit à une note C, un écart de plus de 3 °C à une note D.

Produire à l'avance : refroidir vite, dater tout

Pour tenir les volumes, une partie de la production se fait plusieurs jours avant : fonds, farces, sauces, crèmes, inserts de bûches. Le règlement européen sur l'hygiène demande de refroidir ces préparations dès que possible après la cuisson. Pour la restauration collective, un arrêté fixe un repère précis : pas plus de deux heures entre +63 °C et +10 °C à cœur. Ce délai ne s'impose pas tel quel aux restaurants et aux commerces de bouche, mais c'est un bon objectif à inscrire dans votre méthode de refroidissement.

Allergènes : la carte des fêtes change, le tableau aussi

Bûches, chocolats, macarons, plateaux de fruits de mer, verrines : les produits de fêtes concentrent les allergènes (lait, œufs, gluten, fruits à coque, crustacés, mollusques, poissons, sulfites…), et ce sont souvent des recettes nouvelles ou faites une seule fois par an.

La règle, elle, ne change pas pendant les fêtes. Là où l'on sert des repas sur place, les allergènes de chaque plat sont indiqués par écrit, de façon lisible et visible ; ou bien un écrit visible indique comment consulter librement cette information, elle aussi disponible par écrit. En vitrine, l'information figure sur le produit ou juste à côté, sans doute possible sur le produit concerné. Une information donnée seulement de vive voix, sur demande, ne suffit pas. Lors d'un contrôle, l'inspecteur compare par sondage vos mentions aux étiquettes, fiches techniques et factures des produits utilisés.

Extras et renforts : les former avant le premier service

Pour tenir le rush, beaucoup d'établissements accueillent des extras, des saisonniers ou des stagiaires. Le règlement européen sur l'hygiène demande à chaque exploitant de veiller à ce que les personnes qui manipulent les denrées soient encadrées et disposent d'instructions ou d'une formation en hygiène adaptées à leur poste. Il ne fixe pas de durée ; l'essentiel est que chacun reçoive les consignes de son poste avant de commencer. Avant le premier service, passez en revue avec chaque renfort :

Dans un restaurant, restauration rapide comprise, au moins une personne de l'effectif doit pouvoir justifier d'une formation en hygiène alimentaire (attestation de 14 heures, diplôme reconnu ou trois ans d'expérience de gestion dans l'alimentaire) : son absence conduit à une note D.

Avant le rush : votre liste en cinq points

Pour passer ces points en revue avant décembre, téléchargez notre guide gratuit des 10 points examinés lors d'un contrôle d'hygiène. Et pour un regard extérieur avant le rush, l'audit hygiène sur place (200 € HT, démarche volontaire) vous remet un rapport noté et un plan d'actions classé par priorité.

Prendre contact

Article rédigé pour BJ Forma — Benoît Juglair, formateur et consultant en hygiène et sécurité alimentaire. Ces informations sont générales : pour votre situation particulière, référez-vous aux textes en vigueur ou contactez-nous.